Extrait de "La petite poussière aloureuse"

 

Peluche retrouvait son rire que j'aimais tant. Je l'ai posée à côté de mes cahiers et j'ai repris mes devoirs. Elle me regardait écrire, mordiller mes stylos, consulter mes livres. Elle a été effrayée par le gros dictionnaire que j'ai apporté sur la table. Je lui ai montré l'endroit où, à la lettre P, on donne la définition du mot Poussière. Peluche m'a fait remarquer qu’il n’y avait pas de dessin.
« C'est inutile, toutes les poussières sont pareilles.
- Je ne suis pas d'accord, a-t-elle affirmé.
- Vraiment ?
- Oui, trois fois oui. Il y en a des rondes, des grosses, des pointues, et puis des douces, des léchantes... et puis des énorles... on dirait des éléphants !
- Des éléphants ! Tu exagères, on n'a jamais vu des poussières grosses comme des éléphants !
- Pas toi, mais moi j’en ai vu."
Comme je la regardais, incrédule, Peluche a boudé dans mon plumier. Mes devoirs achevés, j'ai glissé un doigt sur elle. Elle m'a adressé un clin d'oeil et son rire merveilleux a tinté à mes oreilles. Nous étions de nouveau amies.